Mais tu sais maman, je l’aime ma sœur

Si à la naissance de ma fille j’avais senti comme un lien fort qui s’était tissé entre elle et mon aîné, aujourd’hui, un an après, je dois avouer que le constat est tout autre : la jalousie entre frère et sœur a envahit notre quotidien.

En réalité ce n’est pas tout à fait vrai, le lien est là. Je le sais, je l’espère, au fond de moi. Mais la petite grandissant et affirmant de plus en plus son caractère, les chamailleries se font de plus en plus nombreuses. Jalousie, envie d’être seul(e), envie de ce que l’autre a… toutes les raisons sont bonnes pour créer un conflit.

Rien de grave, c’est somme toute tout à fait normal à leur âge, des chamailleries d’enfants. Ce qui m’ennuie le plus c’est ce rôle d’arbitre qu’ils me « forcent » à tenir continuellement. Ces petits accrocs ne sont pas isolés, ils sont présents à longueur de journée. Cela rythme notre quotidien. Les cris sont là, en permanence.

Parce que si j’ai bien conscience que ces « conflits » ne sont que les conséquences d’émotions manifestées, il n’en reste pas moins qu’avec mon petit zèbre et ma supposée puissance 10 (par rapport à son frère), cela est compliqué à vivre au quotidien. Je suis face à un 5 ans incapable de poser des mots sur ce qu’il ressent et une 15 mois qui ne parle pas encore. Leur seul moyen de manifester leur désaccord à l’autre est donc de crier, geindre, se pousser ou encore tirer sur l’objet tant convoité chacun de leur côté.

Selon mon niveau de patience, j’avoue ne pas toujours réagir de la même manière face à la situation. Soit j’essaye de régler le conflit, soit je demande au grand de bien vouloir réfléchir à une solution (la petite ne pouvant pas, mais j’avoue avoir cette sensation déplaisante que c’est finalement prendre un peu parti pour elle…), soit je leur dis de se débrouiller… Je ne sais pas réellement lequel de ces comportements est le plus approprié. Sûrement un joli mélange des trois. Mais cela me semble actuellement difficile à mettre en place.

Si je peux comprendre une chamaillerie fraternelle sur un jouet dont ils se disputeraient la possession, la jalousie qui les anime parfois me met un peu plus à mal. Surtout lorsque leur jalousie porte sur moi.

J’ai bien conscience de l’importance d’accorder à chacun des moments en tête à tête. Tout comme je connais la nécessité de leur apprendre à « partager ». Apprendre à vivre ensemble et trouver du bonheur dans un plaisir partagé.

C’est ainsi que chaque matin, je passe un moment « privilégié » avec mon aîné au moment du réveil, ou encore que je partage un moment, seule avec ma fille, chaque samedi lorsque le grand est au tennis. Mais ces petits instants ne suffisent pas (visiblement). Ils ont cette « soif » de vouloir toujours plus, pour eux et seulement pour eux.

Même des moments comme celui que nous avons partagé samedi dernier avec mon grand (un cours de cuisine parent/enfant), rien qu’à nous, ne suffisent pas à calmer cette jalousie envers l’autre.

Cela m’use au quotidien et me décourage parfois.

Me rend triste également.

C’est dans un de ces moments que j’ai ressenti le besoin d’en discuter avec mon aîné.

J’ai cette profonde envie de les voir dans une entente apaisante. Lorsque je les vois « se battre » ainsi, le futur, LEUR futur, me fait peur. S’entendront-ils bien ? Quelle relation auront-ils ?

Je n’ai qu’un frère ainé. Petits, nous nous chamaillions aussi. Comme toute fratrie. Aujourd‘hui je n’ai pas de « relation » à proprement parlé avec lui. Je sais qu’il est là. Il l’a toujours été. Très protecteur. Mais parfois j’aimerais qu’il y ait plus. Une complicité. Quelque chose qui nous unisse au quotidien, pas seulement pour les « coups durs ».

Cela veut il dire que ce sera le cas pour mes enfants ? Non. Et j’en suis consciente. Mon histoire n’est pas la leur.

Seulement je ne peux m’empêcher d’être peinée lorsque je les vois ne pas supporter la présence de l’autre dans le même espace vital… S’aiment-ils ?

Aucune maman ne voudrait être spectatrice de ces conflits.

J’ai envie de les voir jouer ensemble, rire, vivre chaque instant avec joie. Pour moi c’est un vrai cadeau d’avoir un frère ou une sœur. Comme je l’ai dit à mon fils, c’est une chance. Sa sœur est précieuse. Comme il l’est pour elle. Quand ils seront plus grands ils en prendront l’importance. Pour moi, un frère ou une sœur est un allié dans la vie, quelqu’un à qui l’on peut se confier lorsque le parent ne semble plus être la bonne oreille à qui exprimer ce que l’on vit. C’est un pilier.

J’ai donc essayé de poser ces mots avec mon fils. Lui expliquer que je comprenais comme il pouvait être difficile, après 4 ans d’une relation exclusive avec ses parents, de « partager ». Que je comprenais qu’ils veuillent chacun avoir maman pour eux tout seul, mais comme cela n’était pas possible. Je lui ai rappelé à quel point je les aimais tous les deux. Qu’il y aura des moments rien qu’à nous et d’autres où il faudra partager, vivre ensemble. On peut ne pas être d’accord et ne pas avoir toujours envie d’être en présence de l’autre mais que sa sœur est là et fait désormais partie de notre cercle familial. Qu’il faudra apprendre à se supporter, partager et que cela finira par s’apaiser. L’équilibre trouvera sa place naturellement.

A la fin de notre conversation mon fils m’a dit « mais tu sais maman, je l’aime ma sœur ».

Mon petit bonhomme qui sait si bien me donner quelques leçons de vie…. Comme pour me dire « tout ira bien ». Bien sûr qu’il l’aime et bien sûr qu’ils continueront de se disputer comme de bons frères et sœurs. Après tout ce sont des enfants. Alors laissons-les se chamailler ! Pour ma part, il me faudra vivre un temps avec. Les cris continueront encore un peu de rythmer notre quotidien, et je devrai partager mes bras et mes jambes pour des mégas câlins collectifs (tout en se chamaillant !) 😉 Et pour ma peur du futur ? Faisons leur confiance !

Et chez vous comment se passe la relation frère/sœur ? Comment le vivez-vous ?

jalousie frère soeur

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11 commentaires sur “Mais tu sais maman, je l’aime ma sœur”

  1. Bonjour, c’est exactement ce qui se passe avec mes garçons 3 ans et 21 mois. Ils se disputent pour le même jouet pour le laisser 2 min après. Et il y a aussi de la « jalousie » par rapport à moi surtout le dernier que j’allaite… et le grand qui a besoin de beaucoup de calins…pas facile tous les jours. Mais je me réjouis quand ils jouent ensemble ou rigolent ensemble

  2. Ils ont quatre ans de différence : à leur âge, c’est énorme. Ils ont des centres d’intérêt différents, des façons de jouer différentes. Cela va s’améliorer avec le temps. Mon grand et ma moyenne ne jouent vraiment bien ensemble que depuis deux ans, c’est-à-dire quand ils avaient deux ans et demi et cinq ans et demi. Auparavant, c’était compliqué. Maintenant, ils jouent vraiment tout le temps ensemble à la maison. D’ici quelques mois, ta fille ne sera plus du tout un bébé et elle pourra bien mieux jouer avec son frère. Bon courage!

  3. Bonjour!

    J’ai trouvé cet article très bien écrit et je voulais réagir dessus. Je n’ai qu »un seul enfant donc la question ne se pose pas pour moi mais je me reconnais tout à fait dans cette histoire. J’ai un grand frère avec qui je ne m’entends pas du tout. On ne se déteste pas mais on ne s’apprécie pas. Quand on est dans la même pièce on discute ensemble mais je ne suis pas heureuse de le voir. Juste indifférente. On a rien en commun hormis nos parents et je sais que le jour où ils ne seront plus là on ne se donnera sûrement plus de nouvelles. Pour autant cela n’a rien de choquant ou triste. Je n’en suis pas malheureuse et d’ailleurs la plupart du temps j’oublie que j’ai un frère. On ne peut pas s’entendre avec tout le monde. Il y a des personnes avec qui on a des affinités et d’autres non. C’est comme ça pour mon frère et moi et aussi pour vos enfants (pour le moment).

    Je comprends tout à fait que cela puisse faire de la peine en tant que maman. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai eu cette discussion avec ma mère mais on ne peut pas forcer des personnes à s’apprécier. Je pense que la meilleure des choses est de laisser faire. S »il doivent s’apprécier alors cela se fera et sinon tant pis. Chaque enfant est différent et possède son libre arbitre. Il faut passer outre les attentes que l’on a pu avoir pendant la grossesse (un frère et une soeur qui s’entendront bien et seront des piliers l’un pour l’autre). Tout le monde est libre de devenir qui il en a envie. Vous ne pouvez pas les contrôler.

    Si je peux donner un conseil en tant qu’enfant qui a vécu cette situation c’est de ne surtout pas essayer de créer un lien. S’il doit se faire il se fera sinon laissez tomber. Il n’y a rien de pire que d’être obligé de faire des activités et rester avec une personne que l’on apprécie pas. Privilégiez les moments séparés. Aussi, évitez de culpabiliser les enfants. Leur répéter que cela vous ferait plaisir qu’ils s’entendent entre eux ne sert à rien.

    En tous cas merci pour cet article très intéressant.

  4. Une jolie conclusion ! Ca fait bien souvent partie du décors familial les tensions et rivalités fraternelles… Au final c’est même humain. L’enjeu c’est de répondre aux besoins de chacun ! Mais comme tu le dis si bien : tout ira bien, faisons leur confiance ! 🙂

  5. On commence déjà à voir apparaître quelques légers conflits (Paupiette a 11 mois)… elles s’attachent à vouloir le même jeu, au même moment !
    J’espère que cela ne durera qu’un temps et qu’une douce complicité, celle que toute maman rêve de voir entre ses enfants, s’installera…

  6. Bonjour, au risque de casser l’ambiance…
    Ma sœur et moi nous nous sommes toujours disputées. Ça a gâché l’existence de mes parents et la mienne en particulier.
    Aujourd’hui, je suis l’heureuse maman d’une petite fille de 28 mois et je ne souhaite pas en avoir de deuxième précisément pour cette raison. Je sais que je supporterai pas les disputes fraternelles. C’est trop souffrance pour tout le monde. Peut-être cela vous paraît-il extrême mais je vous parle de mon vécu en toute sincérité.

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