S’il y a bien une chose qui se modifie lorsque l’on devient maman, c’est notre corps. Personnellement je ne me sens pas particulièrement bien dans ce « nouveau corps de maman». #grossesse #changement #corps #maternité #enfants

Non, je n’aime pas mon corps post grossesse. Et alors ?

S’il y a bien une chose qui change lorsque l’on devient maman, bien avant même de voir notre petit bout pointer le bout de son nez et du chamboulement que cela va créer dans notre vie, c’est notre corps. Personnellement je ne me sens pas particulièrement bien dans ce « nouveau corps » et ce qui m’agace au plus haut point ce sont les personnes qui répondent à cela « oui mais tu es heureuse, regarde, tu es maman ».

Alors quoi ? Parce que j’ai mis au monde un enfant je suis censée tout trouver “tout beau tout rose” autour de moi ? Et dans mon corps ? A quel moment existe-t-il une incompatibilité entre le fait d’être heureuse d’avoir donné la vie et ne pas aimer ce qui en découle ?

C’est vrai, je ne comprends pas qu’aujourd’hui cette détresse de certaines mamans, car oui pour quelques unes ça l’est, soit passée sous silence au motif que l’on n’ait pas le droit de nous « plaindre ». Non non maman égal bonheur. Point. Bah oui, le seul fait d’avoir des enfants suffit à son bonheur c’est bien connu. Mais qu’en est-il de la femme qu’est cette maman ?

J’aime mes enfants et j’ai pour eux une protection quasi animale. Ils sont mon tout. C’est inexplicable, c’est quelque chose qui se ressent. Cependant, aujourd’hui, mon reflet de femme dans le miroir est loin d’être celui que je souhaitais contempler.

La grossesse impose des changements dont on n’a aucun contrôle. La prise de poids, les vergetures, les changements d’humeurs, les maux divers et variés etc… Personnellement, je n’ai pas réellement eu le contrôle de mon corps pendant 9 mois et l’enveloppe corporelle qui me reste après que mes petits bouts d’choux aient quittés leur nid n’a rien à voir avec celle dans laquelle ils s’étaient installés. Un peu comme après le passage de Valérie Damidot chez vous #Marouflage (ou pas d’ailleurs).

Pour ma 1ère grossesse, j’avais pris 22 kilos. Après l’accouchement il m’en restait 13 que j’ai « trainés » pendant un an. 1 an. 1 an à me sentir dans un corps qui n’était pas le mien. Peu importe le poids avant grossesse, là n’est pas la question. Qui accepterait sans sourciller de vivre avec 13 kilos de plus quasiment du jour au lendemain ? C’est toute une morphologie qui change, une silhouette, les traits du visage… Cela m’a demandé des mois d’efforts avec un suivi médical pour arriver à retrouver la silhouette que j’avais avant ma grossesse car je ne me reconnaissais pas. Les traits que je voyais dans le miroir n’étaient pas les miens. Un peu comme si mon âme était dans le corps d’une autre… bloquée. Cela a donc duré un an après la grossesse de mon grand et bien moins après avoir mis au monde ma puce.

Au-delà des kilos il y a des « traces » indélébiles qui ne partiront jamais.

La première, ma cicatrice de césarienne. Je suis fière de cette cicatrice, elle m’a permise de donner la vie à mes deux enfants. Pour ma 1ère grossesse elle était belle et discrète. Après une seconde césarienne elle l’est moins. Un peu boursouflée, pas très régulière, elle dessine une forme dans le bas de mon ventre. Visible. Alors certains disent « mais c’est discret, et puis seuls ton mari et toi la voyez ». A ceux-ci j’ai envie de répondre « si vous vous blessez et que cela vous laisse une cicatrice. Cela vous laisse-t-il pour autant indifférent à cette nouvelle marque sur votre corps ? ». Alors pourquoi cela en serait-il autrement parce que ladite cicatrice a permis de donner la vie ?

La seconde, les vergetures. Mon ventre a été épargné pour mes 2 grossesses ce qui n’est pas le cas de ma poitrine. Certaines mamans ont le ventre et les cuisses striées par ces marques à tel point qu’elles n’osent plus montrer ces parties de leur corps. A elles aussi il faut leur répondre que ce n’est pas grave car elles ont donné la vie ? Je ne le conçois pas : elles vont vivre plus de la moitié de leur vie avec un corps qu’elles n’aiment pas aujourd’hui… C’est exactement ce que je me dis quand je regarde ma poitrine. Ce n’est pas tant la loi de la gravité qui a pris place qui me pose problème. C’est cette peau, abîmée et fripée qui la recouvre désormais. Un peu comme une peau d’une personne de 80 ans. Voilà, c’est ça : un corps de 34 ans avec une poitrine de 80 ans. Souvent je me dis « c’est comme ça, il faut que tu l’acceptes ». Mais au fond non, je ne l’accepte pas. Mon mari tente de me conforter en me disant de gentils mots mais cela ne suffit pas. Pourquoi vouloir nier ce qui est là, devant nos yeux ? Non ma poitrine n’est plus aussi belle qu’avant, ce n’est pas vrai. Laissons-moi le temps nécessaire pour apprendre à vivre avec ce nouveau corps. Et l’accepter. Sans le nier. Et sans vouloir me convaincre à tout prix du contraire.

Alors je vais anticiper quelques réactions tout de suite. Oui il y a plus grave. Oui mes enfants sont en bonne santé et c’est tout ce qui compte après tout. Blablabla. C’est mon histoire, ma vie, mon ressenti. Et c’est le cas de beaucoup de mamans qui n’osent parfois rien dire juste parce que « y’a plus grave ». Et oui, je refuse que cela soit passé sous silence.

Il y aura toujours souffrance plus grande que la nôtre. Mais chaque souffrance est à prendre en considération, aussi petite soit-elle (qualifiée par certains). Parce que c’est aussi cela qui forge notre personnalité et notre façon d’être au quotidien. Comment se sentir bien avec les autres si on ne se sent pas bien dans son corps ? Cela ne peut être que passager, le temps de l’acceptation. Mais si je suis certaine d’une chose c’est que le déni des autres face à cette souffrance n’aide pas à l’acceptation.

Et vous, vous retrouvez-vous dans votre « nouveau corps de maman» ? Vous sentez-vous écoutées et entendues ?

corps après grossesse

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📷 Stéphanie Lapierre Photographe

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7 commentaires sur “Non, je n’aime pas mon corps post grossesse. Et alors ?”

  1. Toujours aussi prenant tes articles !!!pour moi c’est pareil je suis depuis quelques semaines enfin en dessous de mon poids a terme de la deuxième mais c’est dur de se dire que tu fais toujours le même poids sauf que bébé n’est plus dedans….
    Et cette cicatrice de césarienne….parlons en…même pas capable de couper exactement sur la première sur la totalité donc au début ça part bien et à la fin on a deux marques…..Et puis pour refermer je leur apprendrait a coudre….OH mince il reste un bout de peau et on est plus bord a bord bah c’est pas grave on referme comme ça ….J’ai juste un gros bourlet au bout alors que le reste est bien plat……bref la liste serait trop longue et entendre que rien n’est grave c’est fatiguant parce que voir mon reflet dans un miroir est horrible et voir les photos davant encore pire….Mais oui je suis maman et mes enfants vont enfin bien !!
    😢 merci M de nous faire sentir moins seule 😍😍😍😍

  2. Tu as entièrement le droit d’être comblée par le fait d’avoir donné la vie mais d’avoir du mal à te retrouver en tant que femme du fait de ce corps qui a changé. Il ne devrait pas y avoir de tabous à ce sujet. Chacune vit cette période de « postpartum » avec ses propres ressentis… 😉

  3. Un article très émouvant qui parlera à beaucoup de femmes. Tu as le droit d’exprimer cette souffrance car au delà d’être une mère, tu es une personne, une femme. La grossesse casse souvent le corps. Le mien l’est en tout cas: des vergetures sur chaque cm de mon ventre et de ma poitrine, un tablier qui ne partira certainement jamais. Mais on a pas envie de l’entendre, parce qu’il faut toujours être au top, et puis aussi parce que c’est des problèmes de bonnes femmes tout ça.

  4. Comme tu dis il n’y a pas d’opposition, et il faudrait pouvoir en parler plus librement ! Tu le fais très simplement et avec de joli mots, et c’est très courageux car les mères ont une sacrée pression… Lorsque je te lis, je pense aussi à des discussions récentes que j’ai eu sur la GPA, j’échangeais avec des personnes qui avaient l’air de penser que ça pouvait se faire sans souci majeur si tout était bien expliqué à tout le monde en gros, que ça ne portait pas à conséquence… mais au delà de tous les autres aspects éthiques du débat, quand on voit le chamboulement que peut être une grossesse, entre les risques malgré tout inhérents à la grossesse et l’accouchement, la modification profonde du corps, les conséquences à long terme. J’ai du mal à comprendre qu’on se sente légitime d’imposer ça à quelqu’un qui ne va pas accoucher d’un enfant du fait de son désir personnel et rester auprès de lui, mais qui le fait pour nous

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