maman infallible

Non, une maman ce n’est pas infaillible. En tout cas, moi pas.

Hier soir je me suis retrouvée seule à la maison avec deux enfants malades. Température moyenne 38.5. Du pur bonheur. Surtout par cette chaleur. Donc je vous laisse imaginer le tableau d’un bébé grognon et d’une grande bouillote, tous deux collés à moi. Non stop.

Je suis arrivée à coucher la puce relativement tôt et après avoir demandé à plusieurs reprises à Loulou s’il avait faim, en vain, je finis par le mettre au lit avec des livres en attendant qu’il s’endorme.

Le temps de manger, de m’occuper de quelques petites choses dans la maison, je me pose devant l’ordinateur pour profiter enfin d’un moment à moi.

A l’instant même où mes fesses frôlent le siège j’entends des petits pas en haut de l’escalier. Loulou n’avait pas vraiment sommeil. Rien d’étonnant, il a été assommé par la fièvre tout l’après-midi et a dormi longuement.

Sauf que… cela a réveillé la petite qui s’est mise à hurler.

Alors que je m’apprête à monter pour m’occuper d’elle mon grand me dit « mais maman je n’ai pas mangé le repas du soir ».

C’est à cet instant que je suis devenue cette maman faillible.

Ma 1ère réaction a été de lui crier dessus, lui disant que je lui avais demandé auparavant s’il avait faim, qu’il m’avait dit que non et que là tout de suite je n’avais rien à lui donner à manger n’ayant rien préparé et que je devais aller m’occuper de sa sœur.

Dans la dixième de seconde qui a suivi je m’en suis voulue, j’ai regretté, j’ai culpabilisé… enfin, j’ai ressenti à peu près toutes les émotions négatives que l’on peut ressentir dans ces moments-là.

Et ce qui m’a encore plus serré le cœur c’est cette phrase « non mais d’accord je mangerai demain. Je ne veux pas manger ce soir ».

« Je ne VEUX pas ». Bien sûr qu’il voulait. Mais ma colère l’avait fait changer d’avis. Il ne voulait surtout pas contrarier, voire décevoir sa maman. Moi, la mère qui venait de lui hurler dessus.

Je suis montée, j’ai pris ma puce dans mes bras et j’ai demandé à Loulou de nous rejoindre.

Et je me suis excusée.

J’ai expliqué à mon fils que j’avais eu tort de lui crier dessus. Qu’il avait le droit (bien évidemment) d’avoir faim et surtout qu’il avait eu raison de me le dire. Puis je lui ai demandé de me répondre franchement. Pas ce que je voudrais entendre, mais lui, ce dont il avait besoin.

« – As-tu faim ?

– Oui »

J’ai pris tout mon petit monde bien réveillé et je suis redescendue…

A 21h30 j’ai donc préparé un croque-monsieur d’une seule main tenant de l’autre la petite accrochée à moi. Je me suis occupée des Loulous jusqu’à minuit, heure à laquelle la puce a bien voulu se rendormir…

La raison de cette colère soudaine est toute simple.

Le trop plein, le « truc » de trop, ce sentiment qu’en une seconde une situation sous contrôle venait de m’échapper, sentir que j’étais dépassée… Et puis que MON moment je ne l’aurais pas encore ce soir.

Ça a été en quelque sorte mon défouloir.

Alors ça arrive, je le sais. Même la « maman parfaite » (qui n’existe pas) a des failles mais il est rare de l’entendre. Il est bien plus agréable de lire comment les gens s’occupent si bien de leurs enfants. Ou pas. Parce que finalement le quotidien de chacun ne ressemble pas tout à fait à ces beaux tableaux que l’on nous dresse de partout (magazines, télé, blogs, livres…).

A l’heure où l’éducation bienveillante nous martèle de bons conseils je n’ai pas peur de dire que je ne suis pas toujours bienveillante, en tout cas en premier lieu… Et j’avoue en avoir un peu marre de ce martèlement qui a tendance à culpabiliser parfois le parent qui fait comme il peut en fonction des circonstances, des situations auxquelles il est confronté, du petit-être qu’il a en face de lui…

Par contre, ce que j’apprends de plus en plus depuis que je suis maman c’est l’acceptation.

Accepter que je puisse être défaillante. Et non, ça ne fait pas de moi, de vous, de nous tous de mauvais parents. Seulement des parents humains parfois surpassés par nos émotions. Par contre, je peux être défaillante mais je dois à mes enfants le même respect que je leur demande en retour chaque jour envers moi. Et pour cela m’excuser est primordial. Et pour Loulou aussi. Accepter mes torts lui montre le chemin à suivre et lui fait du bien face à une réaction de ma part qu’il jugerait, à raison, injuste.

Accepter que lorsque j’aspire à des moments pour moi cela ne puisse pas avoir lieu.

Accepter qu’une situation puisse m’échapper. Et ça, c’est peut-être bien le plus dur…

 

Un petit mot, un avis, une question, laissez-moi un commentaire… j’y répondrai avec plaisir

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8 thoughts on “Non, une maman ce n’est pas infaillible. En tout cas, moi pas.”

  1. Rien de surprenant pour moi. Le plus important est de s’excuser et d’expliquer à son enfant pourquoi tu as crié. On est humain… allez j’espere que t’auras bientot ton moment à toi si c’est pas deja fait.
    Bisous

  2. Je me suis excusée de nombreuses fois auprès de mon grand… Pour des situations semblables pendant lesquelles mon agacement a pris de le dessus!rien de pire que de se faire voler un moment que l’on croyait à soi par un enfant qui était sensé dormir…

  3. Je ne peux que comprendre ce qui t’est arrivé, ayant moi-même les nerfs à fleur de peau en ce moment. La chaleur, la fatigue et le manque de sommeil font resurgir les vieux démons du Terrible Two de ma Louloutte… L’horreur ! J’en suis à un point où j’attends la pluie avec impatience.
    Courage à toi et je te souhaite une meilleure soirée
    Cécilia

  4. Les sollicitations incessantes au travail comme à la maison demandent de prendre un moment de récupération dans la journée…..
    Il est important d avoir sa bulle d oxygène tout comme sont primordiaux les soins duent aux enfants, et pour cela quoi de mieux que de pouvoir les partagers dans un couple. ( autant se peut)
    L importance des excuses envers l autre, envers l enfant est réparateur, et emet une alerte !
    Etre conscient est une grande richesse. Bravo!

  5. Merci merci merci ! Ça fait énormément de bien d’entendre ça… J’essaie de pratiquer au mieux une éducation bienveillante et positive, mais il est vrai qu’il m’arrive parfois (voir souvent) de déraper et de laisser mes nerfs prendre le dessus… Or, je suis inondée de conseils en éducation bienveillante sur mon fil d’actualite Facebook ou autre, et cela me rappelle sans cesse les erreurs que je fais, me culpabilisant encore plus.
    Alors merci d’avouer à votre tour qu’il vous arrive aussi de faillir à votre bienveillance.
    J’adore vos posts alors merci pour tout et continuez ainsi vous êtes au top !!

  6. Le même respect. C’est ça la clé.

    Se considérer comme étant les membres d’une famille avec le même respect pour chacun et pour soi. Effectivement j’ai toujours ressenti un malaise avec cette manie de « pourrir » le parent qui a « fauté » sous couvert du respect d’éducation bienveillante et de CNV détournée…

    Nous avons donc fondé un autre groupe proposant une vision familiale du problème et non uniquement centré sur l’enfant. Avec beaucoup d’humour aussi ! 🙂

  7. Merci pour ce bel article déculpabilisant… Tu es humaine, nous sommes humaines, il peut donc nous arriver de craquer ! Je ne peux que comprendre… Je pense que tu as eu la meilleure des réactions en t’excusant et en verbalisant ce qui s’est passé…

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