Juste un instant…

Juste un instant, un petit moment avant de redevenir maman…

Il est 8h, la maison est calme, tout le monde dort. Je suis seule, rien que moi et mon bol de chocapic, sans cris, sans pleures, sans être sollicitée. Je peux enfin me retrouver un peu.

L’arrivée d’un nourrisson chamboule beaucoup, on le sait, d’un point de vue organisationnel, fatigue etc… mais on parle peu du chamboulement qui se créé à l’intérieur de nous. En tout cas peu de personnes en parle, peut-être par pudeur, par honte?

Je n’ai pas honte, j’aime mes enfants, d’un amour immense mais je ressens aussi ce besoin, au fond de moi, de me retrouver, d’avoir mes moments à moi. Je vis parfois mon rôle de mère, surtout les 1er mois de la vie de bébé, comme une « dépendance » à quelqu’un. Ce sentiment d’appartenir à un petit être, de devoir être présente constamment, surtout pour une maman allaitante.

Oui mais voilà, cela bouscule ce que je suis, une femme. Une femme indépendante, forte (parfois) et qui refuse souvent qu’on lui impose les choses.

Les premiers jours de la vie d’un nourrisson sont difficiles à gérer. Aujourd’hui je dois jongler entre mes douleurs au ventre dues à la césarienne, au sein dues à la montée de lait, une certaine irritabilité due au manque de sommeil, un rôle de maman qui montre que tout va bien pour son grand, un rôle de femme car la vie continue avec son lot du quotidien…

On se dit que tout va bien, qu’on gère la situation, on sait ce qu’il faut faire. On veut paraître forte, on répond aux gens « oui oui, tout va bien » et puis vient le moment où on se sent dépassé, et puis on craque « allo maman ». Et là on trouve des mots réconfortants, le moral remonte et c’est reparti. Jusqu’au prochain « allo maman ». On se vide, les mots affluent, les larmes aussi, toutes ces choses qu’on ne peut dire qu’à notre maman ou une amie très proche. (Merci maman <3)

Tout ça personnes ne nous en parle, ni en cours de préparation à l’accouchement, ni à la maternité. On nous dit juste « il faut se reposer ». Mais comment? Comment peut-on se reposer avec un pti’bout qui demande le sein toutes les heures? Comment peut-on se ressourcer pour pouvoir continuer à donner?

Je crois qu’il n’y a pas de solution miracle, il faut attendre. Attendre que les choses se mettent en place, que la vie reprenne un rythme convenable, pour tout le monde. Je me dois de mettre ma vie de femme entre parenthèse, un temps. Après tout n’est-ce pas ça la vie de chaque femme, chaque mère? Savoir s’oublier un peu, quelques instants pour les amours de sa vie… Car on le sait, des moments à nous y’en aura d’autres, mais pas encore, pas tout de suite…

Il est 8h48, j’entends que ça gazouille, je vais reprendre ma vie de maman… 

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